I didn’t ask for this and neither did you. I didn’t ask for a robot to consume every blog post and piece of code I ever wrote and parrot it back so that some hack could make money off of it. I didn’t ask for the role of a programmer to be reduced to that…
Enfin, un autre dev quadragénaire qui s’émeut de la transformation de la profession et de la dévaluation du code. À en croire les trop nombreux posts sur la question, j’avais peur d’être le seul :
- Quand le code devient une commodité: La montée des sociétés AI natives - Eventuallycoding
- Impact de l’IA sur l’état de l’art de l’ingénierie logicielle en 2026 - Eventuallycoding
- Don’t fall into the anti-AI hype - antirez
- Code as Commodity - Chris Messina - Medium
- The End of Programming as We Know It - rnc.sh
Tout le monde a conscience de cette transformation, mais le point de vue que chacun exprime me semble assez révélateur.
En ce qui me concerne, j’ai toujours considéré le code comme un art. J’ai d’ailleurs voulu en faire un artisanat. J’ai toujours prôné que de la qualité du code dépendait beaucoup pour l’entreprise. J’ai toujours affirmé qu’un bon code permettait d’éviter le mécontentement des clients et limitait la maintenance, ce qui permettait de facto d’économiser de l’argent. J’ai expliqué ce qu’était un bon développeur et écrit une ébauche de code de déontologie. Las, l’objectif des entreprises est toujours de délivrer le plus vite possible, même si ce qui est livré est merdique de A à Z.
Les devs qui ont compris ça sont ceux qui gagnent deux à trois fois plus que mon salaire le plus élevé en vingt ans de carrière (2500 euros bruts et ce n’est pas de mon dernier job). Et ce sont probablement ceux qui voient l’IA comme une délivrance ; ceux pour qui le code est une abomination, un intermédiaire, un boulet qui empêche les visionnaires d’accomplir leurs objectifs.
Les linguistes s’émeuvent de la disparition de langues communautaires. Les (bons) académiciens s’émeuvent de la transformation de la langue française d’une façon qui conduit à l’oubli les anciennes pratiques. Ceux qui ne s’en émeuvent pas prônent l’évolution, espérant glisser sous le tapis une transformation si radicale qu’elle heurte non seulement l’héritage, mais aussi les personnes qui ont autorisé malgré elles le monde à aller dans cette direction. C’est rigoureusement identique pour les (bons) développeurs : ils ont le droit, et même le devoir moral, de s’indigner de la transformation en cours.
Mais, que l’on ne s’y trompe pas : le coupable n’est pas l’Intelligence Artificielle, ni ceux qui l’ont conçu. Non. Les coupables, ce sont des humains, en chair et en os : les décideurs, les payeurs, et les mauvais développeurs qui ne développent pas par amour du code, mais par appât du gain. Tous ces gens qui préfèrent contribuer à l’industrialisation et au nivellement par le bas plutôt qu’à l’amélioration pour tout le monde.
Je ne crois pas à une renaissance du métier. Je crois qu’on va finir par se rendre compte que le code produit par l’IA est mauvais (parce que c’est avec du mauvais code qu’elle est entraînée) et que, finalement, le gain n’est pas si terrible que ça. Mais, il sera trop tard : il n’y aura plus de développeur assez compétent pour “réparer”, en tout cas pas aux salaires proposés. Le métier est mort, et de manière générale, le travail de qualité. La merdification va continuer de gangréner les applications et notamment les interfaces utilisateur (dont les messages d’erreur). Et, au lieu d’utiliser l’IA pour penser, on va continuer de l’utiliser pour devenir de plus en plus fainéants. Les utilisateurs et les fournisseurs de service seront plus en tension que jamais : les premiers parce que rien ne va jamais fonctionner comme ça devrait, les seconds parce qu’ils ont l’illusion que l’IA corrigera les problèmes plus vite et plus efficacement qu’un développeur.
Comme le dit Nolan Lawson (l’auteur de l’article lié), “je ne célèbre pas le nouveau monde, mais je ne vais pas lui résister non plus”. J’ai essayé de résister aux changements du monde informatique, j’y ai échoué. Après la frustration, je n’ai plus que la nostalgie.