AI-assisted coding is revealing a split among developers that was always there but invisible when we all worked the same way. I’ve felt the grief too—but mine resolved differently than I expected, and I think that says something about what kind of developer I’ve been all along.
L’auteur évoque deux autres articles de blog que j’ai relayé ici (celui de James Randall et celui de Nolan Lawson) qui traitent du changement de paradigme occasionné par l’Intelligence Artificielle sur le métier de développeur.
Orchard adopte toutefois une position différente : il ne regrette pas l’art de créer du code, il regrette le déclin de la profession et la façon dont l’écosystème du développement a changé.
Je pense que ces trois auteurs ont tous raison, mais de façon incomplète. Mais je pense surtout qu’on a tous un point de vue différent sur la question, et que, quoique l’on en pense, on se trahit.
- Si l’on embrasse le changement, on se trahit parce que c’est renier ce qui nous a permis d’exister.
- Si l’on n’embrasse pas le changement, on se trahit parce qu’on met de côté la curiosité et l’envie de créer qui nous a permis d’exister.
C’est parce que l’on se trahit que l’on devient nostalgiques. Mais aussi parce que le monde avance dans une direction qui ne nous convient pas.
J’ai lu récemment (sans pouvoir retrouver l’article) quelqu’un qui disait, en substance, que les développeurs avaient eux-mêmes provoqué cette situation. Non. Certains développeurs ont provoqué cette situation : ceux que je critique sur ce blog depuis au moins 2022, mais que je critique depuis beaucoup plus longtemps que ça ailleurs sur le web. Et comme je dis toujours : Ce n’est pas parce que tout le monde fait une connerie que ce n’en est pas une.
Je crois que le métier en est là où il est aujourd’hui à cause de deux facteurs. Le premier, ce sont ces développeurs : ceux pour qui le code est une contrainte. Ceux-là s’imaginent que les mots sont un obstacle à la création d’un roman. Tant que le roman se vend, peu importe qu’il y ait des fautes d’orthographe, des problèmes de mise en page, des paragraphes trop grands et d’autres trop petits, des accents qui manquent, etc. Le code (les mots) est un problème, un obstacle à l’accomplissement d’une vision. L’IA permet de lever cet obstacle : on décrit le résultat que l’on veut obtenir, on laisse l’IA accomplir cet objectif, le “développeur” n’a plus besoin d’écrire du code pour que l’objectif soit accompli. Tout le monde gagne du temps et de l’argent. Le code n’est plus un art, il n’a plus de valeur, et donc les développeurs disparaissent.
L’autre facteur sont les utilisateurs : ils s’en fichent complètement du code. Que le code ait une qualité artistique ou qu’il soit écrit par une IA, les utilisateurs finaux n’en ont rien à foutre du code.
C’est finalement très darwinien, et c’est insupportable. Et c’est peut-être ça que l’on déplore le plus : la constatation que nous sommes devenus obsolètes. On a consacré nos vies à notre art et, aujourd’hui, cet art est considéré comme une perte de temps. Et personne ne montre d’empathie.
Richard Dern