La science ouverte - Sorbonne Université - Badge de réussite de la formation
J’ai complété une deuxième formation sur la plateforme fun-mooc. Après m’être intéressé à la recherche reproductible, je me suis consacré à la science ouverte. J’ai “un peu” mieux réussi, avec un score de 96% mais, soyons honnêtes, cette formation était beaucoup plus accessible puisqu’elle s’adresse à tous, et pas qu’aux chercheurs.
Cette formation était très intéressante, et comme pour celle sur la recherche reproductible, appelle un certain nombre de questionnements. J’en ai d’ailleurs fait part dans le forum de la formation, mais pour le moment, le sujet est peu consulté. Je me permets donc de relayer mon commentaire ci-dessous.
J’entends beaucoup de chercheurs parler de la science ouverte, et notamment dans le cadre des peer-reviews (la wikification de la science abordée par Lionel Maurel est probablement ce qui nous arrivera de mieux dans les années à venir), mais j’ai l’impression qu’on continue de faire de la science la chasse-gardée des universitaires. Il y a évidemment des enjeux économiques ; le fait que des personnes ont fait carrière dans la science et qu’il serait malvenu, pour un non-universitaire, de juger de leur travail ; la professionnalisation de la science (qui est devenu un métier) ; etc. Mais, que l’open-science progresse ou non, la science sera toujours produite par les universitaires (ou par les chercheurs du domaine privé).
J’ai bien conscience de la pénurie de pairs pour les reviews “officielles”, et que cela laisserait une porte grande ouverte aux pseudosciences, mais malgré cela, je ne peux m’empêcher de trouver dommage que la science non-universitaire et non “for-profit” ne bénéficie pas d’une meilleure reconnaissance. Je parle de la science “artisanale”, faite juste pour le plaisir de la science, par des vocations aux parcours de vie qui n’ont pu les conduire à une carrière académique. Je romantise sûrement l’histoire des sciences, mais l’homogénéisation de la reconnaissance via le système institutionnel a favorisé ce qui ressemble à une disparition des “amateurs” au sens noble du terme (Faraday, Ramanujan, Croll, etc. pour ne citer que les Fellows de la Royal Society).
La science citoyenne va bien dans le sens d’une réappropriation, mais les projets se limitent à des observations, du comptage, du recensement, des photographies, et les participants ne sont que des contributeurs mineurs, dans la mesure où le sujet de l’étude reste le choix du chercheur ou l’organisme auquel il est rattaché. Et même lorsqu’ils remportent des prix à titre collectif (par exemple, via l’UE), les participants restent anonymes. Il n’y a bien qu’en astronomie que certains peuvent devenir visibles.
Au-delà de la science ouverte et de la science participative, nous devrions peut-être envisager une recherche hétérogène, libérée des financements, des fausses contraintes de marché, de l’utilitarisme. Ainsi, l’open-science et la science participative seraient des jalons vers une renormalisation de la science pour qu’elle retrouve ses origines : le savoir commun, partagé, mais aussi et surtout, produit par tous.
Malheureusement, il ne s’agit pas seulement de rendre la science accessible : les gens s’en désintéressent, lui préfèrent les pseudosciences et se détachent du réel. Il faut aussi la rendre – à nouveau – appétante, sans la désacraliser pour les réseaux sociaux. C’est là, je crois, le plus grand défi à relever, mais la bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas qu’aux universitaires de le relever !
Bref, pardon pour ce long post dont la vocation initiale était de remercier les intervenants des vidéos de ce cours et de ceux qui ont participé à sa constitution. Bien que ce sont surtout les interventions de Lionel Maurel qui m’interpellent toujours, les points de vue exprimés sont systématiquement intéressants et pertinents. Merci à vous.