Depuis que l’entreprise existe, elle a connu un certain nombre d’échecs, notamment dans le domaine des réseaux sociaux. Answers, Wave, Dodgeball, Jaiku, Buzz, autant de réseaux sociaux fortement inspirés de facebook ou twitter, autant d’échecs qui auront conduit Google sur le chemin de Google+, où l’entreprise est, là encore, en train de se prendre une méchante volée.
Initialement peuplé de geeks en mal de réseaux sociaux alternatifs (dont j’ai moi-même fais partie finalement), ne connaissant pas nécessairement status.net and co, Google+ se fait déserter. De plus en plus de monde abandonne le réseau social de Google: les brèves répétées à une fréquence quasi hebdomadaire sur le sujet en sont le témoin.
Apple aussi s’y met: l’annonce récente de leur abandon de Maps pour OpenStreetMap jette un autre pavé dans la mare, quoiqu’on pense d’Apple.
Alors faut il y voir une relation avec le changement récent de leur politique de confidentialité? Et où partent ceux qui délaissent Google?
Google pourrait avoir atteint une sorte de masse critique. On pourrait presque parler de loi: lorsqu’une entreprise atteint une certaine envergure, elle finit par s’effondrer sur elle-même. Bien sûr, Google est encore loin, très loin du dépôt de bilan, mais les fuites d’utilisateurs, de clients, ne sont jamais bonnes, et sont toujours révélatrices d’un dysfonctionnement de l’entreprise.
Entre les pertes colossales engendrées par l’utilisation d’outils de blocage de publicité (ou le blocage DNS à la sauce ingnu!), la recherche massive d’alternatives au moteur de recherche, le blocage des publicités sur certains sites et les cuisants revers, Google ne se porte bien que parce que c’est un géant. Et je suis persuadé que l’arrivée prochaine de LibreOffice OnLine ne va pas jouer en sa faveur, ni les ayants-droits qui, après avoir coulé MegaUpload, UpToBox, HotFile et compagnie, vont sans aucun doute possible s’attaquer à YouTube.
Autre échec de Google: Chrome. Enfin, pas vraiment un échec en soi puisqu’il s’est hissé à la seconde place sur le marché des navigateurs. Mais compte tenu de la situation actuelle, même si on dispose de sommes pharaoniques en réserve, on évite de se croire le plus fort, et on évite de mettre un million de dollars sur la table pour pirater une de ses applications. Cinq minutes, c’est le temps qu’il aura fallut pour qu’une partie de ce million de dollars vole en fumée. On notera d’ailleurs que, comme d’habitude, Opera n’est même pas cité dans ce genre de compétitions, alors qu’il s’agit d’un navigateur incontournable.
Quant à Android, on ne peut pas non plus réellement parler d’échec évidemment. Mais une chose m’intrigue tout de même. Android est diffusé sous double licence Apache/GNU GPL, donc Libre. Si c’est un Logiciel Libre, la communauté devrait contribuer à l’amélioration du logiciel en question. Or, j’ai quand même la sensation que les passionnés cherchent plus à créer des alternatives qu’à améliorer Android. J’ai même toujours soupçonné Google de publier du Logiciel Libre mais ne jamais prendre en compte les contributions de personnes externes à Google. C’est un comportement étrange pour la communauté du Libre. Il y a bien CyanogenMod, mais cela me semble être davantage du “packaging “de ce qu’on peut trouver de meilleur sur la plateforme, que de la modification de code source profonde, celle qui vise à améliorer la compatibilité avec les terminaux ou les performances du système.
Finalement, je me demande si la prise de conscience que je n’attendais plus arrive enfin. Cela fait longtemps que je blâme Google pour son attitude, et qu’on me regarde bizarrement à chaque fois que j’en parle. Mais aujourd’hui, il semblerait que les yeux se soient ouverts. Mieux encore, ceux qui étaient réfractaires aux Logiciels Libres (faisant le double amalgame libre = gratuit, gratuit = pas abouti) commencent à s’y mettre, découvrent un nouveau monde, une nouvelle façon de voir l’informatique et Internet, en grande partie grâce à des projets comme LibreOffice, les distributions GNU/Linux comme Ubuntu (que je n’aime pas mais dont je ne renie pas l’influence positive sur les non-initiés), les navigateurs comme firefox (idem), ou les plateformes de publication Libres. Peut-être qu’enfin, le virage vers le Libre qu’on attend depuis des années est en train d’être pris. Peut-être que 2012 va être la fin du monde… capitaliste, propriétaire et privateur. On peut rêver, mais les mentalités changent enfin.
Richard Dern
Échanger autour de ce texte
Si vous souhaitez réagir publiquement, un fil dédié vous attend.
Ouvrir le fil de discussion