J’adore la classe avec laquelle la France est capable de se ridiculiser.
Le 19 janvier dernier, le FBI a fait fermé le site MegaUpload, site basé en dehors des États-Unis, donc “hors de la juridiction “du FBI. Hors d’atteinte même, normalement des États-Unis. Et pourtant, quand les lobbys montrent les crocs, on soulève des montagnes pour satisfaire leurs caprices.
D’après une information relayée par Numerama, la fermeture de MegaUpload aurait incité la moitié des téléchargeurs à arrêter. Ça, et puis le fait que RapidShare et compagnie ont pris peur, taillé dans le gras, ne laissant plus rien aux pirates de la culture. Le FBI rôde, et tel un rapace, il plane au-dessus d’eux, et on ne peut pas prévoir quand il va attaquer.
Ceci dit, les États-Unis (ou plus précisément, certaines entreprises étasuniennes) ont compris qu’il n’y avait même pas besoin de sortir l’arsenal juridique pour faire fermer un site. Faut taper là où ça fait mal. Pas les noyaux non, le porte-feuille.
C’est ainsi que le français UpToBox est en train de couler, PayPal et Google l’ayant privé de ses ressources publicitaires. Deux des plus gros acteurs d’Internet qui commencent à faire la loi (Google et eBay, je rappelle que PayPal appartient à eBay). Et ils sont américains. Inutile de dire qu’il y a fort à parier que ce genre d’opérations se multiplient dans un avenir proche.
Ça, c’est gouverner par la terreur. Ça coûte pas cher, il suffit d’une action pour calmer tout le monde. Genre Hiroshima. À la States quoi.
On parle d’Hadopi depuis près de trois ans. À raison d’une dizaine de millions d’euros claqués par an, ça fait déjà trente millions qui ont été dépensé. Mais c’est notre cher Nicolas Sarkozy, et notre cher Frédéric Mitterand qui vont s’approprier la réussite des États-Unis, puisque la Hadopi a réduit de 35% le piratage en France.
Et encore, 10 millions par an, c’est un chiffre politiquement correct. Je cite Mr Hervé Féron:
Quel sera le coût de l’identification des adresses IP? Les barèmes sur les réquisitions judiciaires en matière d’internet n’existent pas encore - ce qui permet de douter de l’application de la loi “Hadopi 2 “- mais dans le code de procédure pénale, le tarif applicable à l’identification d’un abonné ADSL est de 8,50 euros. Si l’on table, comme les majors de la musique et du cinéma, sur 50 000 identifications quotidiennes - chiffre confirmé par le directeur général de la fédération française des télécoms (FFT) - cela ferait 425 000 euros par jour, soit plus que les subventions octroyées annuellement à la production cinématographique, que la Hadopi est censée défendre!
Ça, c’est gouverner à la française. On fait raquer tout le monde pour de la merde, et on fait passer ça pour la solution du siècle.
Je ne parle pas des magouilles sous-jacentes au business Hadopi, TMG et Amesys, un site comme Reflets est bien mieux documenté sur le sujet que moi.
Au final, une somme d’argent colossale est attribuée à des fumisteries. NOTRE argent, puisque c’est nous qui finançons ce genre de conneries. En payant des impôts, on se rend responsables du bridage, du filtrage, de la censure dans les pays qui ont acheté ces solutions logicielles à la France.
Au moins, aux États-Unis, la chasse aux pirates coûte moins cher vu que ce ne sont que quelques grosses entreprises qui s’en chargent: ce n’est même plus l’État qui paye. Loin de moi l’idée d’approuver ce que fait Google ou eBay, vous savez quelle est ma position sur le premier. Mais ce n’est pas le contribuable qui paye.
Parmi les solutions qui s’offrent à nous pour éviter notre escalade (ou notre chute…) vers un Internet contrôlé par quelques grosses mafias: s’abstenir de voter, et basculer massivement et rapidement vers un Internet décentralisé.
Richard Dern
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