Richard Dern

Pourquoi j'arrête facebook et twitter

Pourquoi j'arrête facebook et twitter

Je l’ai dis il y a quelques dizaines de minutes sur social.ingnu, j’abandonne facebook et twitter. Bien que ma principale raison soit évidemment liée à la protection de ma vie privée, il en existe d’autres.

Tout d’abord, facebook et twitter ont beau cumuler à eux deux une population plus nombreuse que la Chine, je m’y sens seul. J’ai l’impression qu’il n’y a aucune activité qui m’intéresse. C’est d’autant plus vrai en ce qui concerne facebook, dont l’idée est davantage de se constituer un cercle d’amis plutôt qu’échanger des idées réellement intéressantes. Je commence à me lasser des photos personnelles, des histoires d’horoscope, ou de ce que les gens ont bouffé la veille (je ne parle pas de mes propres contacts qui ont des timelines un peu plus développées). Ce que je veux dire, c’est que trouver des gens qui m’intéressent sur facebook tient plus du hasard qu’autre chose. D’ailleurs, en fait, ce n’est jamais arrivé.

En ce qui concerne twitter, la situation est différente. La limite à 160 caractères (ou 144 je ne sais plus) est parfaitement incompréhensible pour moi. On est à l’ère du haut débit, où on s’échange des photos en quelques secondes, des films en quelques minutes. La limite de caractères arbitrairement imposée par twitter engendre des posts parfaitement incompréhensibles, truffés de raccourcis et d’abréviations qui pourrissent la timeline, d’autant que cela nécessite de faire le tri entre l’information qui est intéressante de celle qui ne l’est pas. C’est une perte de temps.

Il y a quelques semaines, j’ai franchi le pas et j’ai installé une instance de status.net. Je l’ai installé parce que c’est un Logiciel Libre, et qu’il est présenté comme un réseau social libre et décentralisé. J’en avais déjà entendu parlé, mais j’étais un peu frileux, n’étant pas de nature particulièrement sociable.

En fin de compte, je me suis rendu compte que l’ouverture de cette application n’est pas seulement une philosophie de développement: cette ouverture se fait aussi sur le monde, à un niveau que je ne soupçonnais pas. On ne suit pas seulement des gens, individuellement, on suit des groupes, des fédérations d’instances de status.net. Et là, ça s’emballe: je reçois les posts de plusieurs dizaines de personnes simplement parce que je suis le groupe Debian, ou le groupe GNU. Et le ratio informations intéressantes/inutiles s’inverse par rapport aux autres réseaux sociaux (je ne parle pas de Google+ que j’ai quitté il y a quelques temps).

Du coup, on peut communiquer avec beaucoup plus de gens que sur facebook ou twitter, et surtout, beaucoup plus de gens qui partagent les mêmes centres d’intérêt.

Je n’ai pas encore bien pris le temps de m’occuper de mes followers ou de ceux que je follow, ce qui fait que ma liste est relativement restreinte. Mais j’ai déjà l’impression que c’est un nouveau monde qui s’étend à mes pieds - à mes doigts. Je me sens comme un explorateur qui vient de découvrir une terre inconnue, qui n’a qu’une hâte: l’explorer. D’autant que cette terre est déjà bien peuplée, vivante, comme si elle avait toujours été là.

Ce qui me permet de rebondir sur une critique que j’ai parfois entendu: non, ce n’est pas mort, non, ce n’est pas dépeuplé. C’est au contraire très actif, et de manière beaucoup plus intelligente que les autres réseaux sociaux.

Par un mystère que je ne m’explique pas, j’ai l’impression que des étrangers communiquent plus facilement sur status.net que sur n’importe quel autre réseau social. En ce qui concerne twitter, c’est peut être dû au fait que la communication est essentiellement uni-directionnelle, et concernant facebook, peut-être parce qu’il n’y a de communication que sur soi-même.

Sur status.net, c’est l’esprit Libre: on échange, on partage, on communique de manière omnidirectionnelle. Il suffit de faire partie d’un groupe pour que tous puissent lire ce que vous écrivez, tandis que vos posts (vos notices) ne quittent pas votre serveur.

Si vous faites partie de mes contacts facebook ou twitter, et que vous ne faites pas encore partie de mes contacts sur social.ingnu, je vous recommande donc chaudement de venir me rejoindre. Créez-vous un compte sur mon instance (ou sur identi.ca par exemple), et ajoutez ingnu@social.ingnu.fr à ceux que vous suivez.

Peut-être alors qu’un jour, vous aussi vous quitterez les réseaux sociaux riches à milliards qui se servent de vos informations personnelles pour y parvenir, pour revenir du côté lumineux de la Force…

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