Je sais qu’il y a beaucoup de sources d’informations pour savoir ce qu’est le Libre (dont la principale), mais j’ai toujours constaté avec regret qu’il y a encore beaucoup de gens qui considèrent mal les Libristes, les défenseurs du Libre.
Je les ai vu dire que dans certains domaines, les Logiciels Libres n’arrivent pas à la cheville des logiciels privateurs, sur le plan technique. J’en ai vu dire que les Logiciels Libres n’apportent rien, et ne sont d’aucune utilité face aux logiciels privateurs. J’en ai vu dire que les Logiciels Libres ne sont pas des alternatives viables aux logiciels privateurs, ou aux services web du type Google ou facebook. J’en ai même lu qui disaient que si un auteur de Logiciel Libre voulait insérer dans son code une partie destinée à espionner l’utilisateur, personne ne le verrait.
Alors, j’ai décidé d’essayer autre chose, que dire “les Logiciels Libres c’est mieux, les logiciels privateurs c’est mal”.
La plupart des critiques que j’ai lu sont fondées sur l’aspect technique des Logiciels Libres. Or, le fondement même des Logiciels Libres est la liberté justement. Ils n’existent pas simplement pour qu’une alternative à Microsoft Office ou Microsoft Windows existe, ils existent pour apporter la liberté au sein de l’informatique. Ils ont été conçus pour libérer leurs utilisateurs des contraintes arbitrairement et injustement imposées par les éditeurs de logiciels.
C’est à Richard Stallman que l’on doit cette vision du Logiciel Libre. Tout défenseur du Logiciel Libre se doit de connaître et approuver Stallman, tandis que ses détracteurs se doivent de connaître les intentions formulées par Licence Publique Générale.
L’aspect technique des Logiciels Libres est pour ainsi dire secondaire: la priorité est d’accorder des libertés fondamentales aux auteurs et aux utilisateurs de ces logiciels; l’aspect technique ne doit être mis en avant que pour leur valorisation par rapport aux solutions privatrices.
Par exemple, dire que GIMP est une plaisanterie face à Photoshop relève de l’ignorance, puisque cela revient à comparer les deux logiciels sur un plan technique. Or, GIMP n’est pas une réponse technique à Photoshop, c’est une réponse de principe. GIMP existe pour que puisse exister une alternative Libre à Photoshop.
Ce que certains considèrent comme une faiblesse est en réalité une force du Logiciel Libre: puisqu’on veut parler d’aspect technique, la technicité d’un Logiciel Libre est dépendante de sa communauté, forte de plusieurs milliers d’utilisateurs qui sont autant de contributeurs, tandis que la technicité d’un logiciel privateur n’est dépendante que du bon vouloir de l’entreprise qui le publie. Autrement dit, elle n’est motivée que par l’argent.
Ce qui m’amène à poser la question suivante: comment un Libriste peut se considérer comme tel s’il ne voit aucun inconvénient à utiliser une solution privative?
Richard Dern
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