Richard Dern

Si j'étais président

Si j'étais président

Fort de ma nouvelle autorité, je commencerai par montrer au peuple français mon réalisme. Il est impossible de s’imaginer les problèmes du peuple sans soi-même faire partie du peuple. Or, le peuple ne se vautre pas dans la luxure. Le salaire français moyen est légèrement supérieur à 1000€. Comment peut-on comprendre son peuple quand soi-même on gagne près de 20 fois plus? Comment peut-on savoir si toutes les taxes qu’on impose à un pays peuvent être déboursées par ses citoyens?

Ma première action consiste à réduire significativement mon salaire de “dirigeant “du peuple français. Un salaire de 20 000€ mensuels n’est qu’une apparence, un artifice. Cela ne sert qu’à montrer le pouvoir qu’on a sur son peuple. Je déciderai donc de porter mon salaire à 1000€ nets mensuels. Après tout, un “Président “de la république dispose manifestement de bon nombre d’autres avantages. Inutile de gagner plus.

Ma seconde action va être de changer la terminologie du chef du gouvernement. “Président “me semble être doté d’une connotation négative, inspirant la supériorité, l’assise d’un pouvoir sur le peuple. En tant que nouveau chef d’État, je me considère comme le guide du peuple français. Sans majuscule. Parce que si je suis à la tête des français aujourd’hui, c’est pour les guider vers des jours meilleurs.

Ma troisième action va consister à supprimer tous les élus, tous les représentants du peuple. Je supprime les maires, les députés, les sénateurs. Je veux redonner le pouvoir aux français. Je veux que les français participent à nouveau activement à la vie politique du pays. Je crois que si les bureaux de votes se vident, c’est d’une part à cause du nombre d’intermédiaires trop élevé, et d’autre part parce qu’ils ont le sentiment de ne pas être écoutés, que le gouvernement fait de toute manière ce qu’il a décidé, peu importe ce que dit le peuple.

Je veux instaurer une vraie démocratie. LA vraie démocratie. Je veux rendre impossible l’adoption d’une loi, d’un traité, ou d’un décret, sans le consentement du peuple français. Pour y parvenir, je mettrais en place une plateforme permettant à tout un chacun de consulter librement toute proposition qui sera faite, et d’y donner son avis. La proposition ne sera adoptée qu’en cas de majorité absolue. C’est ainsi, et seulement de cette manière, qu’un gouvernement peut être qualifié de démocratique. Pas en permettant à des intermédiaires de répondre du peuple, qui les ont choisi en fonction de campagnes coûteuses, et menées dans l’unique but de se vendre. Je suis persuadé que redonner son pouvoir à la voix des français sera une motivation suffisante pour que le vote redevienne un acte de pure volonté.

La réduction du salaire du chef de l’État, la suppression de ces intermédiaires, la récupération puis la revente des biens appartenant à l’État prêtés aux intermédiaires et jugés somptuaires, permettra de réaliser des économies substantielles. Et pour une fois, pas en saignant les français.

Ma quatrième action sera l’arrêt pur et simple de la coopération avec toute entreprise ou organisme dont les méthodes ou les convictions vont à l’encontre de la liberté de l’individu, qu’il soit français ou résident de pays étranger. Il est intolérable que notre ancien gouvernement ait pu tisser des liens avec des entreprises fournissant des solutions informatiques à des chefs d’États leur permettant d’espionner leur peuple.

Par extension, je supprime tout organisme étatique voué à la seule sécurité du gouvernement au mépris de son peuple. Je récupère une France scindée en deux: le peuple se sent aujourd’hui oppressé, menacé par ses dirigeants, alors que le rôle de tout gouvernement est de protéger son peuple, et il en a toujours été ainsi. Nous vivons des jours sombres, où les peuples n’ont plus aucune estime de leur chef d’État; pire encore, ils le craignent. Tous ne s’avouent pas dictateur, et pourtant, tous sont manipulés par la possession et la richesse.

Je supprime donc la Hadopi, et tous ses employés. Je supprime tout lien avec la société Amesys, et avec toutes les autres entreprises avec lesquelles notre ancien gouvernement a pu être en relation, et dont les activités sont en désaccord avec les droits fondamentaux de l’Homme.

Je supprime également toutes les taxes injustifiées, illégales, immorales, et inutiles. Après tout, les économies réalisées sur la suppression des intermédiaires et la forte réduction de mon salaire et de mes avantages ne peuvent que conduire à une réduction du poids fiscal sur le peuple français. Comment notre ancien gouvernement a-t-il pu se rincer sur le dos de son peuple? Comment peut-on faire preuve d’aussi peu de respect envers le peuple qui l’a choisi?

Parmi les taxes dont je parle, j’évoque notamment les taxes sur les carburants, sur les produits de grande consommation, mais aussi la taxe sur la copie privée, absolument inutile et injustifiée. De quel droit l’État taxe-t-il un produit sur lequel il n’a aucun pouvoir décisionnel? Est-ce que le gouvernement participe à la fabrication du lait? À celle de l’essence? Pourquoi l’État devrait encore toucher presque 50% du prix de vente du pétrole, alors qu’il ne l’extrait pas, ni ne le raffine, ni ne le transporte? De quel droit l’État s’arroge-t-il presque 50% du salaire de ses citoyens, répartis entre impôts, taxes, cotisations obligatoires, etc.? Jusqu’aujourd’hui, qu’a exactement fait l’État pour mériter une telle somme?

Je compte mettre en place une forme de méritocratie. Le rôle du gouvernement est de protéger son peuple. Pas seulement en cas de guerre, mais aussi quand d’autres gouvernements s’attaquent à son intégrité. Et par intégrité, j’entends liberté individuelle. La liberté de vivre, de s’exprimer, de s’indigner, d’être heureux, insouciant, concerné. La liberté d’écrire, de composer, de développer. La liberté d’accéder à toute forme de culture ou de science.

Car c’est en partageant culture et sciences que les civilisations, que LA civilisation humaine a pu se développer, grandir, survivre, jusqu’à conquérir les océans et les étoiles. Notre ancien gouvernement a tout tenté pour empêcher le partage libre de la culture et de la science. Notre ancien gouvernement estimait que certaines civilisations valaient mieux que d’autres. Je crois que c’est précisément ce manque de discernement qui a causé la chute des anciennes civilisations, et des plus grandes. Je crois que c’est la soif de pouvoir et de richesses qui a causé leur déclin. Et c’est précisément ce dans quoi tombent les dirigeants de notre époque.

Après tant d’oppression, tant de mal causé aux peuples, tant de viols de leur liberté et de leur intégrité, il ne peut y avoir qu’un avenir radieux, parce que désormais, il ne peut plus y avoir que des dirigeants bons avec leurs peuples. Et c’est ce à quoi je vais m’employer.

Pour y parvenir, je l’ai dis, le peuple français aura la parole sur toute décision politique; les intermédiaires seront supprimés, tout comme les lois, les organismes et les entreprises allant à l’encontre des libertés; la culture et la science seront libres d’accès à tous: tout le monde pourra contribuer au savoir et à la connaissance. Et je me ferai un devoir d’inciter les autres gouvernements à suivre la même voie, et d’insister jusqu’à leur faire entendre raison. Et si ces gouvernements restent intangibles, nous accueillerons ceux qui veulent vivre libres.

Peut-être suis-je utopiste. Peut-être que vous vous dites que jamais je n’y arriverai. Je pense que la liberté des Hommes vaut bien qu’on essaye. Nous avons longtemps critiqué les chefs d’État, sans vraiment proposer d’alternative, ou, quand on le faisait, elles étaient rejetées. Voulez-vous réellement sacrifier un espoir de retrouver notre liberté, simplement parce que la tâche parait trop ardue? En ce qui me concerne, et en tant que guide, j’ai la force de tenter ma chance, parce que je crois encore en l’Homme, et je crois qu’il est encore capable de bonnes choses.

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