Richard Dern

Quand certains médias n'ont rien compris...

Quand certains médias n'ont rien compris...

Free Mobile a ouvert ses portes depuis le 12 janvier. Année marquée d’une pierre blanche dans l’histoire de la téléphonie mobile, permettant aux français d’avoir un abonnement mobile à tarif enfin raisonnable.

Je passerai outre la scandaleuse propagande anti-Free orchestrée par les trois autres opérateurs, dénigrant le réseau, insultant son architecte, diffamant l’infrastructure, pour n’évoquer qu’une chose: les médias qui n’ont rien compris.

C’est le cas par exemple de Tom’s Guide, qui publie un dossier aberrant, portant honteusement le titre de “10 raison de ne pas s’abonner”. Tom’s Guide serait sponsorisé par Orange, SFR ou Bouygues pour poursuivre la propagande?

Je vais traiter chacun des dix points soulevés dans cet article. Présenté comme un diptyque, je mettrai mon billet à jour lorsque Tom’s Guide aura ajouté ses autres idioties.

La portabilité fonctionne mal

Pour commencer, le titre est erroné. Peut être est-ce par soucis d’économiser des caractères (ce qui est contraire à la pratique journalistique habituelle - je précise avoir été journaliste pour Presence-PC qui a été racheté par Tom’s), ou bien peut-être est-ce réellement le bordel dans la tête de Jean-Sébastien Zanchi, qui devait peut-être pondre un article rapidement et qui déchaîne les passions, comme si le groupe Tom’s en avait besoin?

Dans tous les cas, Free doit effectivement essuyer les critiques de personnes se plaignant de la lenteur de l’opération de portabilité du numéro.

Pour commencer, ma femme a vu son numéro porté en moins d’une semaine. Logique, nous étions parmi les premiers, je pense, à s’être inscrits. Ensuite, et c’est toujours logique, maintenant que la plateforme de création de compte est débridée, le nombre de demandes a explosé, passant, selon l’article de Tom’s, de 10 à 45 000 par jour. A noter que, se tirant une balle dans le pied, l’article précise bien que c’est le CIE EGP qui est en charge de la portabilité. Précisons également que c’est l’organisation qui coordonne les demandes de portabilités depuis et vers tous les opérateurs, et qu’ils sont indépendants de Free.

Or l’article laisse suggérer que c’est bien Free qui est en cause.

Le renouvellement de téléphone

Effectivement, chez Free, on fera l’impasse sur le renouvellement du téléphone. D’un autre côté, vous êtes libres. Se prendre un abonnement chez Free pourrait presque être considéré comme éthique: vous n’avez aucun engagement, à l’exception de prévenir 10 jours à l’avance, si vous souhaitez résilier. Or, si vous preniez un téléphone avec un forfait Free, vous devriez continuer à le payer (ce qui est parfaitement normal), même si vous résiliez.

Ensuite, votre fidélité est tout de même récompensée: si vous êtes déjà client Free, vous économisez 4 euros sur votre abonnement illimité. 4€ par mois que vous pouvez dépenser comme bon vous semble. Comment est récompensée la fidélité chez les autres opérateurs? Vous avez des points, qui vous permettent de prendre un téléphone à 59€ ou plus, et dont vous payerez de toute façon une partie tous les mois dans votre forfait. Sachant que vous vous engagez de nouveau chez cet opérateur, vous allez payer pendant un ou deux ans une partie de votre téléphone, qui sera doté d’un beau logo personnalisé aux couleurs de votre prestataire, bridé, ne vous permettant pas d’en faire ce que vous voulez (je pense notamment au tethering).

Pas intéressant pour tout le monde

C’est vrai que passer chez Free n’est pas intéressant pour tout le monde: si vous êtes encore pieds et poings liés par votre opérateur actuel, il vous fera payer un tiers de votre abonnement si vous êtes engagés sur 24 mois et qu’il vous reste douze mois ou moins à tirer. Autrement dit, il vaut mieux être proche de la fin de son contrat pour passer chez Free. Mais une fois de plus, le problème ne vient pas de chez Free, mais des autres opérateurs.

Le prix de l’iPhone

Sérieusement, quand on est chez Free, à la base, c’est qu’on est un geek. Les vrais geeks n’ont pas d’iPhone. Les vrais geeks n’ont rien qui vienne d’Apple.

Quant aux autres, s’ils choisissent leur opérateur en fonction du téléphone, notablement quand l’opérateur en question n’en vend pas et dit à qui veut l’entendre qu’ils sont libres de le choisir, ils sont perdus. D’un autre côté c’est très bien: ils peuvent mieux se rendre compte de ce que coûte réellement un iPhone, et passeront donc peut-être sur des téléphones moins bridés, mais aussi moins chers, et surtout plus libres.

Les services complémentaires

Impossible d’avoir accès aux chaînes de télévisions? Freebox Mobile, plugin TV, et VMPlayer. Tout le bouquet Free sur le téléphone. L’auteur ne s’est visiblement pas renseigné avant d’écrire n’importe quoi. C’est intolérable pour un journaliste (encore une fois, j’ai figuré dans les rangs de Presence-PC avant que le site soit racheté part Tom’s, puis chez Génération-NT).

Quant aux offres Spotify et compagnie, rien n’empêche l’utilisateur de souscrire des comptes à tour de bras si ça le chante. Personnellement, je n’aime pas avoir des tas de trucs préinstallés dont je ne me servirais jamais, et qui, peut-être, diffusent des informations à mon insu.

La concurrence s’est alignée

C’est une raison de ne pas passer chez Free? Sans Free, la concurrence n’aurait pas aligné ses tarifs. Tout le monde continuerait de payer des fortunes pour un service qui vaut un peu moins que ce que Free propose (ils ont quand même besoin de faire un peu de marge, hein). Justement, il faut passer chez Free, pour montrer son indignation face à la façon dont les consommateurs ont été traités pendant toutes ces années.

Comme par hasard, aujourd’hui ils peuvent baisser leurs tarifs, alors qu’avant Free ils ne le pouvaient pas?

L’assistance client

Sans déconner, arrêtez avec des arguments pareils, c’est mesquin. Pour commencer, les Freenautes n’habitent pas que Paris. Pour une fois qu’on pense un peu aux provinciaux avant les parisiens. Ensuite, la prérogative pour Free était de déployer un réseau qui couvre 27% de la population, avec une date butoir. Ils avaient d’autres priorités d’investissement que les boutiques Free. Par ailleurs, Xavier Niel a annoncé que des centaines de boutiques allaient ouvrir dans les années qui viennent. Comme pour SFR et Bouygues, ils doivent faire leur chemin, c’est tout.

D’autre part, leurs pages d’assistance sont suffisamment complète pour y trouver de l’aide, notamment en ce qui concerne le réglage des APN. Après, il faut savoir lire, c’est évident. Quant aux téléphones, Free n’a pas à proposer de l’assistance lorsque ces téléphones ne sont pas achetés chez eux. Et les téléphones déjà achetés chez eux sont pré-réglés pour être utilisables immédiatement.

Enfin, comme pour tout produit de consommation, c’est au constructeur de gérer la garantie, pas au revendeur, même si ce dernier peut être un intermédiaire.

Le prix du roaming data

Rien à dire là dessus. Free est un réseau français, il ne faut pas s’étonner que son utilisation à l’étranger soit chère. Par ailleurs, l’exemple proposé (les États-Unis) est, à mon humble avis, légèrement hors du champs des trois millions d’utilisateurs prévus. Je doute fortement que la grande majorité des clients Free vont chercher à se connecter au réseau depuis les États-Unis. Sans compter qu’avec un peu de jugeote, on peut se passer du roaming. Faut juste pas être con. C’est peut-être hors de portée de certains, je ne dis pas le contraire.

Limité à trois millions d’abonnés

Pour quelque chose dont on ne dispose d’aucune autre information que ce qui a été dit lors de la conférence de lancement, le titre semble quelque peu absolu. On n’y est pas encore, et comme a dit Xavier Niel, c’est un pallier, pour s’assurer que les infrastructures sont bien en place, et que le modèle économique est viable. Free n’a pas bougé ses tarifs depuis la création de leur premier accès à Internet, sauf quand l’État réclame une taxe supplémentaire. On peut donc raisonnablement avancer que Free n’augmentera pas ses tarifs par la suite.

La mort des MVNO

La mort des MVNO? Ils ont été les premiers à s’aligner sur les tarifs de Free. Leur politique contractuelle est une alternative solide aux trois autres grands opérateurs. Les gens les ont choisi pour ça, et resteront chez eux pour ça. Free n’est pas un concurrent des MVNO, c’est bien un concurrent de Bouygues, SFR, et dans une moindre mesure jusqu’à leur indépendance, de Orange. Free Mobile a été créé pour répondre à ceux qui n’avaient pas confiance dans les MVNO, et ceux qui en avaient marre d’être pris pour des vaches à lait. C’est un marché totalement différent.

Au final, cet article est un torchon, et n’apporte rien sinon la désinformation. Free Mobile était une nécessité pour mettre en lumière les pratiques scandaleuses des autres opérateurs. Et ça a bien marché. Leur seule réponse: de la propagande, de la désinformation, relayées par Tom’s. C’est une déception.

Ceci, ajouté au codage malpropre du site (rendu dégeux sous GNU/Linux), fait que Tom’s passe à la trappe en ce qui me concerne (du moins, après la deuxième partie de leur article). Dommage, ils avaient parfois des articles intéressants.

Échanger autour de ce texte

Si vous souhaitez réagir publiquement, un fil dédié vous attend.

Ouvrir le fil de discussion

Taxonomies

Tags