Richard Dern

Les geeks conservateurs

Je vous parlais il y a quelques temps de ce que sont les anciens geeks et les nouveaux geeks. J’aimerais aujourd’hui étoffer ma réflexion, en vous révélant ma pensée relative aux anciens geeks, dont j’estime faire partie, en les qualifiant de conservateurs.

Je précise tout d’abord que je ne prends volontairement pas en compte les considérations professionnelles, parce que l’informatique professionnelle oblige les employés à se munir d’un certain type de matériel. Je ne considère donc que ce qui fait partie des choix individuels.

Et je commence avec la mobilité. Ce marché n’a jamais été aussi prospère. Certes, c’est à mettre – aussi – sur le compte de la technologie, parce qu’elle le permet désormais, mais la cote de popularité de l’informatique mobile n’a jamais été aussi élevée. Le nombre d’ordinateurs portables et ultra-portables disponible sur le marché est tout simplement ahurissant: Asus propose une trentaine de ses EeePC à son catalogue, Acer dispose d’une cinquantaine de références, je n’ai pas réussi à compter ceux de MSI. Google s’introduit sur le marché, Apple cartonne avec ses iPhone (je me demande encore pourquoi…), bref, l’informatique nomade est en plein essor.

Mais qu’en est-il de nos bons vieux PC de bureau? Abandonnés, écartés tels des pestiférés. Combien de fois aies-je entendu: “Quoi? Un PC de bureau? Mais t’as vu la place que ça prend? Nan moi j’suis au taquet avec mon portable, je peux me connecter depuis n’importe où.”. Oui, c’est sûr, quand tu bosses c’est une raison valable. Le mec qui emmène son portable aux chiottes, en vacances ou au McDo n’a pas de raison valable.

Serait-ce une question d’esthétisme? Alors pourquoi les machines du type EeeBox, où le PC est logé dans un tout petit boitier derrière l’écran ne se vend pas plus que ça? Et puis, il y a toujours de belles machines du côté de Acer ou HP, avec un faible encombrement. Ah, mais ça fait “cheap”… C’est le genre de machines que se payent les pauvres. Non, moi il me faut un portable. Mouais, pas convaincu.

En plus de ça, un portable, quand ça crame, ça coûte une blinde à réparer. Mon père, qui a ouvert un blog suite à ses déboires avec son Acer Aspire 9920 (“portable” doté d’un écran de 20 pouces), a payé plus de 500 euros pour réparer sa machine. Moi, quand ma carte mère claque, j’en ai pour cinq fois moins, et encore, si je choisi une gamme moyenne-haute.

Et puis, on a beau dire, les portables, ça chauffe. Beaucoup. Un seul caloduc et un seul ventirad pour refroidir à la fois le processeur et le GPU, ce n’est clairement pas suffisant. La mémoire chauffe aussi, et le disque dur également (pour peu qu’il y en ai deux, on atteint des records). Oui, il y a la solution du dock avec ventilateur intégré. Mais est-ce que ça ne réduit pas l’intérêt du “portable”?

Quant à la couverture réseau, n’en parlons pas: c’est déplorable à l’heure actuelle. Bien sûr, des boîtes comme les cinémas ou les cafés proposent le Wifi. Mais ces réseaux restent rares à l’heure actuelle et peu sécurisés (voire, pas du tout). Et passer par la 3G coûte les yeux de la tête. Vivement un forfait mobile inclus dans l’abonnement du foyer.

Tout ça pour dire que je suis conservateur: il n’y a rien de mieux qu’un bon ordinateur de bureau avec sa grosse tour, où les composants sont interchangeables à moindre coût, où la ventilation n’est pas un problème, où le bi-écran est possible (dans des conditions confortables…), et où la connexion internet n’est pas dépendante d’amateurs ayant mis en place un petit réseau pour que le chaland viennent prendre ses consommations chez eux.

Il y a quelques années en arrière, par “référencement”, on entendait “s’enregistrer auprès d’un moteur de recherche”. Généralement Google, évidemment. Aujourd’hui, les spécialistes du marketing incluent également les réseaux sociaux, comme Facebook ou Twitter. Ce sont deux sites qui, à la base, et à ma connaissance, n’ont pas été créés pour les entreprises, mais la visibilité que ces “réseaux” procurent est réellement excellente. Cependant, et là c’est probablement plus une question de philosophie que de conservatisme, je ne vois pas les choses de la même manière.

En fait, je considère que si une chose a été créée à une fin, elle ne doit pas être utilisée à une autre. C’est un peu le même état d’esprit que j’applique à la téléphonie mobile: un téléphone doit permettre de téléphoner, pas de prendre des photos ou d’aller sur Internet, parce qu’il existe des appareils dédiés à cette utilisation. Alors bien sûr, on m’avancera que c’est pratique: on n’a qu’un seul appareil pour plusieurs usages. Alors je parlerai des consoles de jeux qui font de la vidéo, ce qui constitue un autre exemple d’aberration, selon moi.

Donc Facebook et Twitter devraient n’être utilisés qu’à des fins personnelles, encore que j’ai toujours été contre (et je le serai vraisemblablement toujours). Je n’ai d’ailleurs de compte ni chez l’un ni chez l’autre: je n’en vois pas l’intérêt.

Celui de partager avec plus de gens que ceux que j’ai autour de moi? De donner une visibilité supplémentaire à Athaliasoft?

Je répondrai à la première question que la simple utilisation d’un moteur de recherche permet de tomber sur mon blog. Comme je n’ai pas pour objectif de faire de l’argent avec Geek.Athaliasoft, mais simplement diffuser mon avis et mon expérience. Je ne cherche pas à avoir le plus grand nombre de visiteurs possible, à générer le plus de trafic, ni à gonfler des statistiques.

Je répondrai à la seconde question que la taille d’Athaliasoft ne permettrait pas un afflux de clients. Je travaille seul, et je ne compte pas embaucher pour le moment. Je n’ai surtout pas intérêt à ce que plusieurs personnes à la fois me demandent de travailler sur leur projet. Un ou deux à la fois, de sorte à ce que le travail soit bien fait.

Autre exemple du conservatisme chez les geeks: le fil. Un geek non conservateur ne va jurer que par le sans-fil: pas de fil au clavier, pas de fil à la souris, pas de fil au réseau. “Moi je vois pas de différence, au niveau réactivité, entre une souris filaire et une souris sans-fil”. “Moi je surfe en Wifi et ça me va bien”. Hum.

Les périphériques sans-fil fonctionnent sur accumulateurs, n’est-ce pas? Ces accumulateurs contiennent des produits toxiques, ne sont pas particulièrement bien recyclables, consomment de l’énergie. En panne de batterie? Tu ne peux plus utiliser ta souris ou ton clavier. Sur un portable, ça ne pose pas de soucis: il y a toujours le “trackpad”. Mais sur une machine de bureau?

J’ai eu l’occasion de tester un certain nombre de souris sans-fil. En ce qui me concerne, je regrette, j’ai toujours un sentiment de flottement. Certes, au fil des ans, ce sentiment s’estompe. Mais il n’en reste pas moins qu’une souris filaire, ça ne flotte pas, ça répond au doigt et à l’oeil.

Et pour moi, l’excuse de l’encombrement du câble n’en est pas une: quand les câbles sont intelligemment disposés, on ne les sent plus, et on ne les voit plus.

Autre chose à propos des périphériques sans-fil: j’ignore si les choses ont changés parce que je n’ai pas poussé mes tests jusque là (je n’y ai pas pensé, tout simplement), mais je n’ai jamais réussi à atteindre le bios de ma machine avec un périphérique sans-fil. Plutôt embêtant…

Enfin, je vais conclure ce billet sur le réseau sans-fil. Je ne vais pas parlé de sa sécurité qui est de toute façon pitoyable en raison de sa nature même, on peut donc être le meilleur administrateur réseau qui soit, un réseau sans-fil est une vraie passoire. Bref. La configuration d’un réseau sans-fil est une vraie plaie. Les fournisseurs d’accès à Internet proposent généralement un outil basé sur le web qui facilite sa configuration de base, mais la configuration des clients est une autre paire de manches.

Sous Windows, pour peu que l’on utilise l’application du fournisseur de la carte réseau, c’est une vraie pagaille: je ne peux que recommander d’utiliser l’outil de Microsoft pour configurer son réseau. Les outils proposés par les constructeurs sont tape-à-l’oeil, avec plein de lumières et d’effet pour indiquer l’intensité du réseau, mais qu’ils sont compliqués… Bien sûr on peut régler finement ses paramètres. Mais l’utilisateur de base s’en fout du MTU et ne sait même pas ce que c’est. Pourquoi ne proposent-ils pas deux types de configuration: simple ou avancée?

Sous GNU/Linux, le problème est différent: la prise en charge des cartes réseau sans-fil est aléatoire, pour commencer. Soit on a le pilote intégré (ou fourni sous forme de module en source libre) et là c’est le jackpot: on a toute l’aide nécessaire pour configurer sa carte en dur, ou alors sa prise en charge est immédiate dans les outils graphiques de configuration, soit le constructeur propose le pilote sur son site et ça se complique un peu, soit il faut passer par ndiswrapper et ça peut devenir franchement prise de tête.

Rien de vaut le bon vieux filaire.

Rien ne vaut l’ancienne génération en fait. Vous n’êtes pas d’accord?

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