En bref
- Le meilleur de la saga
- Bravo à Frontier qui a écouté les critiques des joueurs
Configuration
Ma machine de jeu est un Ryzen 9 5900X, 32G de mémoire vive, et une RTX3080 10G. Elle tourne sous NixOS 25.11. Je joue sur un téléviseur 4K@120Hz (LG C3 55 pouces).
Rappels
Le premier opus était excellent, mais il manquait cruellement de contenu, en particulier concernant les objets et les options pour personnaliser les parcs. J’estimais qu’il était beaucoup plus accessible que Planet Coaster que j’avais acheté en même temps.
Le deuxième volet a un peu étoffé le contenu, mais se trouvait grevé par d’autres défauts qui l’ont rendu, à mes yeux, moins intéressant au fil du temps, malgré ma conclusion originale.
Critique
La campagne s’est largement étoffée, et nous offre l’accès à des contrées encore jamais explorées, pas même dans la saga cinématographique ou ses spin-offs. Mais avant d’y évoluer, il faudra passer par des lieux déjà connus. Un bon moyen de s’ancrer dans le canon avant d’introduire des nouveautés bienvenues, tout en permettant au joueur de se familiariser avec son environnement de gestion de parc.
Les habitués de la série de jeux-vidéo trouveront sans doute ces présentations un peu laborieuses, considérant que les mécaniques sous-jacentes n’ont pas vraiment changé. Il s’agit toujours de recruter des scientifiques, d’envoyer des expéditions chercher des fossiles, en extraire l’ADN ou les vendre, jusqu’à pouvoir incuber des œufs, relâchés dans un enclos approprié, tout en s’assurant que les visiteurs sont contents du parc.
Mais cette redondance apparente avec les deux volets précédents n’est finalement que la mécanique de base d’un jeu de gestion de parc à dinosaures, et Jurassic World Evolution 3 a beaucoup plus à offrir. Et c’est tout l’intérêt de commencer par la campagne, même si on maîtrise le jeu de bout en bout.
Il n’est plus question ici d’épisodes indépendants à achever séquentiellement. Ici, les allers-retours seront fréquents, et l’histoire conduira le joueur à switcher d’un parc à un autre dès le début de la campagne. Heureusement, ce papillonnage n’a pas de conséquence négative sur les parcs laissés en attente.
Ces interruptions, ces voyages d’un parc à un autre, permettent une rupture visuelle ponctuelle, ce qui n’est pas pour me déplaire, compte tenu de la diversité des lieux visités.
La beauté du jeu est phénoménale, et je crois qu’elle est notamment due à l’introduction du ray-tracing. La lumière et les ombres sont beaucoup plus naturelles, apportent plus de contraste, et contribuent finalement à une immersion que je n’attendais pas d’un jeu de gestion de parc.
La caméra à la première personne offre un point de vue rapproché. Accessible à tout moment depuis le menu principal, elle permet de visiter littéralement son parc. Ce n’est pas une nouveauté de Jurassic World Evolution 3, mais c’est dans ce nouvel opus que j’en fais le plus usage.
La raison ? La richesse et la diversité de la faune, de la flore, des paysages et des structures, qui atteignent des sommets. On est comme Sarah Harding dans The Lost World : on ne peut se contenter de regarder, il faut qu’on “touche”.
Mais cette vue à la première personne est quelque peu frustrante : instinctivement, je reprends mes réflexes dans ARK: Survival Evolved, je veux bondir, aller partout, gratouiller un dinosaure, interagir avec eux. J’oublie que je suis dans un jeu de gestion de parc, principalement parce qu’à la première personne, je peux aller là où je ne suis pas censé aller en tant que visiteur : à l’intérieur des enclos.
Pourtant, les déplacements sont à la fois contraints et hasardeux : il n’est pas rare de rester coincé dans les rochers, à la recherche de l’emplacement parfait pour une photo. Et nul saut ne viendra nous aider, sinon les sauts épileptiques de la caméra qui tente de suivre un chemin qui n’a pas été prévu pour elle.
Donc, pour parfaitement apprécier la vue à la première personne : restez dans les chemins prévus à cet effet !
Malgré la complexité visuelle, apportée par la diversification des lieux visités, je ne me sens pas comme d’habitude, surchargé, incapable de reproduire ou enrichir ce que je vois. Je n’ai pas l’impression que les outils mis à ma disposition sont trop compliqués pour que je puisse assembler correctement deux formes.
Pourtant, c’est le point qui me faisait le plus peur avec ce nouveau volet : j’ai eu vent de la diversification des outils de constructions, plus proches de Planet Coaster que de Jurassic World Evolution. Et si j’ai si peu joué à Planet Coaster, c’est parce que cette complexité me faisait peur.
Dans les deux épisodes précédents, je posais mes routes, mes bâtiments, mes clôtures, je m’occupais de mes animaux, et je ne me préoccupais pas du tout de l’aspect esthétique de mes parcs. Mais ici, ça serait une trahison intellectuelle de ne pas exploiter tout ce que le jeu peut nous offrir.
Et, maintenant que le jeu offre un workshop (malheureusement pas intégré à celui de Steam), on peut télécharger des blueprints qui sont, pour certains, de toute beauté. Il y a de gros, gros fans hardcore qui ont déjà accompli un travail absolument – positivement – monstrueux.
Tout cela ferait presque oublier la vue classique d’un jeu de gestion de parc, alors qu’elle n’est pas moins méritante.
L’optimisation du jeu est excellente. Je peux zoomer ou dézoomer comme un porc, me balader aux quatres coins d’une immense carte en mode créatif, je n’ai à déplorer que de rares ralentissements, parfaitement compréhensibles sur des cartes très fournies. Il est très clair que, sur ce point aussi, JWE3 a bénéficié d’améliorations considérables.
On pourra toutefois reprocher des temps de chargement relativement longs, mais, surtout, l’absence apparente de sauvegarde automatique en quittant le jeu. On doit sauvegarder manuellement, puis quitter.
Mais la grande nouveauté de cet épisode est l’introduction des bébés dinosaures.
Réunissez un mâle et une femelle, offrez-leur un petit nid d’amour (littéralement), et quelques instants plus tard, vous pourriez y découvrir un œuf, duquel sortira un juvénile, et tout ce qu’il a à offrir de plus “kawaï”. Après, vous le gardez ou vous le vendez…
Appréciation
Le jeu a atteint une maturité insoupsonée. Je compare ici avec la saga Civilization, qui a trébuché avec le sixième épisode et qui s’est franchement viandé avec le septième, au point qu’on se demande si la série peut y survivre. C’est rare qu’un épisode ultérieur soit meilleur que les précédents. Mais c’est indéniablement le cas pour Jurassic World Evolution 3 qui comble tous les déficits de ses prédécesseurs.
À part pouvoir visiter l’intérieur des laboratoires et observer les scientifiques travailler, j’ignore ce qu’il pourrait manquer à ce jeu.
Richard Dern