En bref
Une série violente, intense, gore, tragique, comique, d’une qualité graphique et scénaristique exceptionnelle.
Résumé
L’univers de Primal est une préhistoire anachronique dans laquelle un humain (Spear, la lance) se lie d’amitié avec un Tyrannosaurus (Fang, le croc). Ensemble, ils vont lutter pour leur survie.
Critique
J’ai beaucoup de mal avec les anachronismes. Ils doivent être introduits avec beaucoup d’intelligence et de parcimonie pour que je parvienne à les accepter, et Primal est un cas d’école. La série me fait d’ailleurs beaucoup penser à ARK: Survival Evolved, puisque là aussi se mêlent humains et créatures réelles et imaginaires. Et, dans Primal aussi, quelques libertés d’interprétation et de rendu visuel sont prises, sans pour autant que cela me choque.
La série est très violente : il y a de la grosse baston façon Hokuto no Ken vs Mortal Kombat, des hectolitres de sang et autres substances visqueuses, et des tonnes de barbaque, de viscères et d’os broyés, seulement parfois contrebalancés par des scènes plus oniriques. Mais au-delà de la violence visuelle à laquelle on est finalement habitués, elle est aussi psychologique.
Dans un univers post-apocalyptique, par exemple Mad Max, la violence est permise par l’abolition du cadre social. Dans un univers préhistorique, le cadre social n’existe pas encore : la violence est – normalement – conditionnée à la survie. Le monde de Primal est très violent, mais il est, à mes yeux, plus acceptable qu’un monde ayant déjà connu la civilisation, parce que la violence y est motrice de la puissance narrative de l’œuvre et des situations décrites.
En d’autres termes, je m’identifie plus facilement à un Homme des cavernes qui se lie d’amitié avec un dinosaure et qui respecte les morts qu’il cause (que ce soit pour se nourrir ou se défendre) qu’à un punk qui torture pour le plaisir.
Comme je l’ai dit en introduction, Primal nous sert une animation et une narration exceptionnelles, mais aussi une musique exceptionnelle de Tyler Bates qui, à mon sens, était un choix logique pour une telle production, puisqu’il est très habitué à musicaliser des ambiances très sombres et lourdes (très Metal pour ainsi dire). Mais la série n’oublie pas les silences pour autant : contemplatifs pour certains, inquiets pour d’autres, ils ajoutent une palette d’émotions à une composition déjà complexe, mais qui sait rester lisible. Ce n’est pas un bruit de fond, mais ce n’est pas non plus une musique qui raconte (comme dans LOST). C’est une musique qui accompagne.
Pour encore dire un mot sur l’ambiance sonore, il faut préciser que la première saison ne comporte aucune scène de dialogue, au sens conventionnel du terme. Cela contribue aussi à l’ambiance très particulière qui émane de la série. Cette absence laisse briller la narration physique et gestuelle, beaucoup plus touchante et parlante. La communication entre Spear et Fang se fait à une autre échelle : celle de l’éthologie. Une éthologie adroite, inspirée, même si là encore, des choix artistiques ont été faits au détriment de la science. Mais c’est si bien fait que je lui pardonne.
Un style visuel unique (quoique puisé dans les années 1970), un style sonore unique, une narration unique, bref, Primal est, pour moi, une réussite à tous les niveaux. Je me suis fait accrocher par le premier épisode, mais aussi par le deuxième : c’est toujours celui-là qui me fait me décider pour une série.
Il me tarde désormais de commencer la deuxième saison !
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